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Vos droits en tant que salariƩe enceinte au QuƩbec!

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Vos droits en tant que salariƩe enceinte au QuƩbec!

Au Québec, une travailleuse enceinte bénéficie de nombreux droits et protections légales visant à garantir son bien-être, sa santé et sa sécurité au travail.

Ces mesures lui permettent de concilier grossesse et emploi sans compromettre ses conditions de travail.

Qu’il s’agisse du retrait prĆ©ventif, du congĆ© de maternitĆ© ou des droits en cas de discrimination, il est essentiel de bien les connaĆ®tre!

Dans cet article, Besoinavocat vous rƩsume les droits et protections des salariƩes enceintes Ơ connaƮtre au QuƩbec !

QUELS SONT LES DROITS ET PROTECTIONS OFFERTES AUX SALARIƉES ENCEINTES?

Au Québec, plusieurs lois et règlements garantissent que les salariées enceintes ne soient ni discriminées, ni exposées à des risques pour leur santé, ni à la perte de leur emploi. Ces protections assurent un cadre de travail sécuritaire et équitable, permettant aux travailleuses de concilier grossesse et emploi sereinement.

Pour mieux comprendre ces droits, voici sept protections et droits essentiels dont bĆ©nĆ©ficient les salariĆ©es enceintes ou celles qui viennent d’avoir un enfant au QuĆ©bec :

Protection contre la discrimination

Au Québec, les articles 10 et 16 de la Charte des droits et libertés de la personne garantissent aux salariées enceintes une protection contre toute forme de discrimination. Selon ces deux articles de la Charte, toute personne doit pouvoir exercer ses droits et libertés de manière égale, sans distinction fondée sur des critères comme la grossesse.

Qu’est-ce que la discrimination ?

La discrimination se manifeste lorsque cetteĀ distinction, exclusion ou prĆ©fĆ©rence nuit Ć  l’exercice des droits d’une personne.

Cela signifie, entre autres, que les employeurs ne peuvent pas poser de questions concernant la grossesse d’une candidate pendant une entrevue d’embauche, ni utiliser cette information pour rejeter une candidature.

Par exemple, une femme lors d’une entrevue qui fait part de son intention de fonder une famille ou indique qu’elle est enceinte ne doit en aucun cas ĆŖtre dĆ©savantagĆ©e, exclue ou victime de discrimination en raison de cela.

Être enceinte, vouloir tomber enceinte, envisager l’adoption d’un enfant ou simplement dĆ©sirer fonder une famille ne doit jamais affecter nĆ©gativement ses opportunitĆ©s professionnelles!

Les obligations des employeurs

Les employeurs doivent respecter ces principes en matiĆØre de :

  • Recrutement
  • Formation
  • Promotion
  • Conditions de travail

Ā 

Il en est de même en cas de congédiement!

Un employeur ne peut congĆ©dier une salariĆ©e en raison de sa grossesse ou pour avoir exercĆ© un des droits mentionnĆ©s dans cet article. En effet, un employeur ne peut en aucun cas imposer de mesures nĆ©gatives Ć  une salariĆ©e en raison de sa grossesse ou de l’exercice de ses droits liĆ©s Ć  celle-ci.

Bref, aucune distinction liĆ©e Ć  la grossesse ne peut intervenir lors de l’embauche, de la pĆ©riode de probation, de la mise Ć  pied, du congĆ©diement ou de tout autre aspect de l’emploi. Ainsi, une salariĆ©e enceinte doit ĆŖtre traitĆ©e de maniĆØre Ć©gale, sans ĆŖtre dĆ©savantagĆ©e ou exclue de ses droits professionnels en raison de sa grossesse.

Droit de se rendre Ơ ses rendez-vous mƩdicaux

Le deuxiĆØme droit important Ć  connaĆ®tre est qu’une salariĆ©e peut s’absenter du travailĀ sans rĆ©munĆ©rationĀ pour unĀ examen mĆ©dical liĆ© Ć  sa grossesse, ou pour tout examen effectuĆ© par un professionnel de santĆ© qualifiĆ© Ć  cette fin. La salariĆ©e doit informer son employeur le plus tĆ“t possible de ses absences prĆ©vues.

Protection en cas de risque pour la grossesse ou la santƩ de la salariƩe

TroisiĆØmement, une salariĆ©e enceinteĀ a le droit Ć  un congĆ© spĆ©cial, sans salaire, si sa grossesse prĆ©sente un risque pour sa santĆ©, celle de l’enfant Ć  naĆ®tre, ou s’il y a un danger d’interruption de grossesse.

Ce congĆ© est accordĆ© pour laĀ durĆ©e indiquĆ©e par un certificat mĆ©dical, lequel doit Ć©galement prĆ©ciser la date prĆ©vue de l’accouchement. Ce congĆ© permet Ć  la salariĆ©e de se reposer et de se soigner sans mettre sa santĆ© ni celle de l’enfant en pĆ©ril.

Transformation en congƩ de maternitƩ

Il est important de savoir que si le congĆ© spĆ©cial commence Ć  partir de la quatriĆØme semaine prĆ©cĆ©dant la date prĆ©vue de l’accouchement, il est alors considĆ©rĆ© comme un congĆ© de maternitĆ©.

Exigence d’un certificat mĆ©dical par l’employeur

D’ailleurs, lorsqu’unĀ employeurĀ s’inquiĆØte pour la santĆ© d’une salariĆ©e enceinte, il peut, Ć  partir de la sixiĆØme semaine prĆ©cĆ©dant la date prĆ©vue de l’accouchement,Ā demander un certificat mĆ©dical attestant qu’elle est apte Ć  poursuivre son travail.

Si la salariĆ©e ne fournit pas ce certificat dans unĀ dĆ©lai de huit jours, l’employeur peut l’obliger Ć  commencer son congĆ© de maternitĆ©. Dans ce cas, un avis Ć©crit lui sera transmis, prĆ©cisant les raisons et la nĆ©cessitĆ© de ce congĆ©.

Droit au retrait prƩventif de la CNESST

Le quatrième droit à connaître est celui du retrait préventif offert par la CNESST. Ce dernier permet à une travailleuse enceinte ou qui allaite de cesser temporairement son travail si celui-ci comporte des risques pour sa santé ou celle de son enfant.

Ā 

Ce dispositif vise à offrir un environnement de travail sécuritaire et fait partie du programme de la CNESST intitulé « Pour une maternité sans danger ».

Lorsqu’une situation de travail expose la femme enceinte Ć  des conditions dangereuses, elle peut ĆŖtre retirĆ©e de son poste tout en bĆ©nĆ©ficiant d’uneĀ indemnitĆ© de remplacement du revenu!

CritĆØres d’admissibilitĆ© au retrait prĆ©ventif

Pour obtenir un retrait préventif, certaines conditions doivent être remplies.

Conditions

Explication

Conditions relatives Ơ la salariƩe

La travailleuse doit :

  • Être enceinte ou allaiter son enfant.
  • Être salariĆ©e au sens de laĀ Loi sur la santĆ© et la sĆ©curitĆ© du travail.
  • Ɖvoluer dans un environnement de travail où des risques sont prĆ©sents.
  • Obtenir un certificat mĆ©dical confirmant ces dangers.
  • Remettre le certificat mĆ©dical Ć  son employeur.
  • Être disponible pour une affectation sans danger si son employeur en propose une.
  • Être en mesure de travailler, autrement elle pourrait ĆŖtre dirigĆ©e vers un autre programme d’indemnisation.

Il est Ć  noter que certaines catĆ©gories de travailleuses ne sont pas admissibles, notamment les travailleuses autonomes sans statut de personne morale et celles employĆ©es Ć  l’extĆ©rieur du QuĆ©bec.

Conditions relatives Ć  l’employeur

L’employeur doit analyser les risques et envisager des mesures pour protĆ©ger la travailleuse enceinte, notamment :

  • Supprimer les risques identifiĆ©s dans le poste de travail.
  • Modifier les conditions ou tĆ¢ches de la salariĆ©e pour Ć©liminer les dangers.
  • Offrir un autre poste compatible avec son Ć©tat.

Si aucune de ces options n’est possible, la CNESST peut accorder le retrait prĆ©ventif.

Processus d’approbation par la CNESST

La CNESST Ć©value chaque demande de retrait prĆ©ventif en se basant sur les Ć©lĆ©ments fournis par la salariĆ©e et son employeur. L’octroi de l’indemnisation de remplacement du revenu n’est pas automatique et dĆ©pend de la validation des conditions par la CNESST.

Salaire et indemnitƩs lors du retrait prƩventif

Pendant la pƩriode de retrait prƩventif, la travailleuse reƧoit une indemnitƩ compensatoire.

  • Les 5 premiers jours ouvrablesĀ : l’employeur verse le salaire habituel sans remboursement de la CNESST.
  • Les 14 jours suivantsĀ : l’employeur paie 90 % du revenu net de la salariĆ©e, cette somme Ć©tant remboursĆ©e par la CNESST.
  • Au-delĆ  de cette pĆ©riodeĀ : la CNESST prend en charge l’indemnisation Ć  raison deĀ 90 % du revenu net, versĆ©e toutes les deux semaines. Ce montant est non imposable.
  • DurĆ©e maximaleĀ : l’indemnisation cesse quatre semaines avant la date prĆ©vue de l’accouchement.

Droit au congƩ de maternitƩ et au congƩ parental

Une employée enceinte qui répond à la définition de salariée selon la Loi sur les normes du travail a droit au congé de maternité et au congé parental.

Qu’est-ce qu’un salariĆ© en vertu de la Loi sur les normes du travail ?

Au QuĆ©bec,Ā l’article 1 (10)Ā de laĀ Loi sur les normes du travailĀ dĆ©finit un salariĆ© comme une personne qui :

  • Travaille pour un employeur
  • ReƧoit une rĆ©munĆ©ration en contrepartie de son travail
  • S’engage Ć  accomplir un travail spĆ©cifique conformĆ©ment aux directives, aux mĆ©thodes et aux moyens Ć©tablis par l’employeur.

CongƩ de maternitƩ

La salariĆ©e enceinte a droit Ć  un congĆ© de maternitĆ© d’une durĆ©e maximale deĀ 18 semaines continues sans salaire. Toutefois, l’employeur peut accepter d’accorder une pĆ©riode plus longue si la salariĆ©e en fait la demande.

Si l’accouchement a lieu aprĆØs la date prĆ©vue, la salariĆ©e bĆ©nĆ©ficie d’au moinsĀ deux semaines supplĆ©mentairesĀ de congĆ© aprĆØs l’accouchement.

Quand peut-on prendre le congƩ de maternitƩ ?

La salariĆ©e peut choisir deĀ rĆ©partir son congĆ© avant ou aprĆØs l’accouchement, en fonction de ses besoins.

ƀ noter :

  • Si la salariĆ©e commence son congĆ© de maternitĆ© la semaine de l’accouchement, cette semaine n’est pas comptabilisĆ©e dans la pĆ©riode maximale de 18 semaines autorisĆ©es.
  • Le congĆ© de maternitĆ© peut dĆ©buter au plus tĆ“t 16 semaines avant la date prĆ©vue d’accouchement et doit se terminer au plus tard 20 semaines aprĆØs l’accouchement.

Quelles sont les dƩmarches Ơ effectuer pour obtenir le congƩ de maternitƩ ?

Pour bĆ©nĆ©ficier du congĆ© de maternitĆ©, la salariĆ©e doit fournir Ć  son employeur unĀ avis Ć©crit d’au moins trois semainesĀ avant la date prĆ©vue du dĆ©but du congĆ©. Cet avis doit mentionner :

  • La date du dĆ©but du congĆ©
  • La date prĆ©vue du retour au travail
  • Un certificat mĆ©dical attestant de la grossesse et de la date prĆ©vue d’accouchement

Si la salariĆ©e doit cesser le travail plus tĆ“t pour des raisons mĆ©dicales, l’avis peut ĆŖtre infĆ©rieur Ć  trois semaines, Ć  condition qu’un certificat mĆ©dical justifie cette nĆ©cessitĆ©.

Que faire en cas d’accouchement prĆ©maturĆ© ?

Si l’accouchement survient avant la date prĆ©vue, la salariĆ©e doit informer son employeur le plus rapidement possible et fournir :

  • Un avis Ć©crit indiquant la nouvelle date prĆ©vue de retour au travail.
  • Un certificat mĆ©dical attestant l’accouchement prĆ©maturĆ©.

CongƩ parental

Le congĆ© parental est un droit accordĆ© non seulement Ć  la salariĆ©e enceinte, mais aux deux parents d’un nouveau-nĆ© ou d’un enfant adoptĆ©, leur permettant de s’absenter du travail sans salaire pour s’occuper de leur enfant.

Ā 

Qui peut bƩnƩficier du congƩ parental ?

Le congƩ parental est accessible

  • Aux parents biologiques d’un nouveau-nĆ©.
  • Aux parents impliquĆ©s dans un projet parental avec une grossesse pour autrui.
  • Aux personnes adoptant un enfant.

Quelles sont la durƩe et la pƩriode du congƩ parental ?

La durée maximale du congé parental est de 65 semaines continues.

Le congƩ peut dƩbuter :

  • En cas de naissance : dĆØs la semaine de l’accouchement ou lorsque l’enfant est confiĆ© au parent dans le cadre d’une grossesse pour autrui.
  • En cas d’adoption : dĆØs que l’enfant est confiĆ© selon la procĆ©dure d’adoption.

Le congĆ© parental doit se terminer au plus tard 85 semaines aprĆØs la naissance ou l’arrivĆ©e de l’enfant. Toutefois, dans certaines circonstances prĆ©vues par rĆØglement, il peut ĆŖtre prolongĆ© jusqu’à 104 semaines.

ƀ NOTER :

  • Le congĆ© parental ne constitue pas un droit de 65 semaine continu pour chaque parent, mais unĀ total global de 65 semainesĀ pour les deux parents, Ć  partager selon leur choix. Cela signifie que les deux parents peuvent se rĆ©partir cette pĆ©riode de congĆ©, mais la durĆ©e totale ne dĆ©passera pas 65 semaines.
  • Le congĆ© parentalĀ n’a pas Ć  ĆŖtre pris immĆ©diatement aprĆØs la naissanceĀ ou l’adoption de l’enfant. Il est possible pour un parent de commencer son congĆ© parental quelques semaines aprĆØs l’arrivĆ©e de l’enfant.
  • LeĀ congĆ© de maternitĆ© et le congĆ© parental sont deux congĆ©s distincts. Ainsi, une salariĆ©e peut prendre 18 semaines de congĆ© de maternitĆ©, puis bĆ©nĆ©ficier des 65 semaines de congĆ© parental par la suite. Les semaines de chaque congĆ© ne se chevauchent pas et ne sont pas comptabilisĆ©es simultanĆ©ment.

Quelles sont les dƩmarches Ơ effectuer pour obtenir le congƩ parental ?

Le parent doit informer son employeurĀ au moins trois semainesĀ Ć  l’avance en prĆ©cisant :

  • La date de dĆ©but du congĆ©.
  • La date prĆ©vue de retour au travail.

Ce dĆ©lai de trois semaines peut ĆŖtre rĆ©duit si la prĆ©sence immĆ©diate du parent est nĆ©cessaire auprĆØs de l’enfant ou de la personne qui a accouchĆ©, en raison de leur Ć©tat de santĆ©.

Droit en cas d’interruption de grossesse

Une salariĆ©e enceinte bĆ©nĆ©ficie de droits spĆ©cifiques en cas d’interruption de grossesse si elle est considĆ©rĆ©e comme salariĆ©e conformĆ©ment Ć  laĀ Loi sur les normes du travail.

  • En cas d’interruptionĀ avant la vingtiĆØme semaineĀ de grossesse, elle a droit Ć  un congĆ© spĆ©cial, sans rĆ©munĆ©ration, d’une durĆ©eĀ maximale de trois semaines, sauf si un certificat mĆ©dical justifie un besoin de prolongation.
  • Si l’interruption survientĀ aprĆØs la vingtiĆØme semaineĀ de grossesse, la salariĆ©e bĆ©nĆ©ficie d’un congĆ© de maternitĆ©, Ć©galement sans salaire, d’une durĆ©e pouvant aller jusqu’à 18 semaines continues.

Protection contre la rĆ©intĆ©gration d’une salariĆ©e ayant eu un bĆ©bĆ©

ƀ la fin du congĆ© de maternitĆ© et du congĆ© parental, l’employeur est tenu de rĆ©intĆ©grer la salariĆ©e dans son poste habituel, avec lesĀ mĆŖmes conditions de travail et avantages, y compris le salaire qu’elle aurait perƧu si elle Ć©tait restĆ©e en activitĆ©.

Si, toutefois, le poste habituel n’est plus disponible Ć  son retour, l’employeur doit lui offrir un poste Ć©quivalent avec les mĆŖmes droits et avantages.

L’employeur doit Ć©galement garantir que la salariĆ©e bĆ©nĆ©ficie des privilĆØges qu’elle aurait eus si elle avait continuĆ© de travailler sans interruption.

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